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Naunau

Inscrit le: 24 Avr 2005 Messages: 863 Localisation: Morlaix (29N)
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Posté le: Ven Avr 21, 2006 16:44 Sujet du message: Dossier : débuter dans l'interprétation des modèles. |
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Bonjour,
-Vous vous êtes peut être rendu compte que cela fait déjà longtemps que le site "Météo-voile", dont j'étais l'un des modérateurs, n'est plus accessible. Et de plus, je n'ai plus de nouvelles de l'administrateur depuis bien longtemps également.
-C'est pourquoi je me permet de poster ci-après un dossier que j'avais posté sur "Météo-voile", ayant pour thème les cartes numériques, et comment débuter dans leur interprétation. _________________ -Le dossier concernant l'interprétation des modèles numériques est désormais disponible sur le site meteociel.fr. |
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Naunau

Inscrit le: 24 Avr 2005 Messages: 863 Localisation: Morlaix (29N)
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Posté le: Ven Avr 21, 2006 16:45 Sujet du message: |
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DOSSIER : COMMENT DEBUTER DANS L'INTERPRETATION DES MODELES ? Par Arnaud M.
-Dans ce dossier, nous allons tenter de rendre accessible au plus grand nombre l'interprétation des cartes issues des modèles numériques météorologiques. En effet, les ouvrages ou dossiers permettant d'apprendre simplement comment analyser les modèles sont plutôt rares, comparé au nombre de manuels "théoriques" disponibles sur le site de Météo-France (manuels qui parlent assez peu des champs prévus pas les modèles). Pourtant, les modèles sont aujourd'hui d'indispensables outils pour prévoir le temps (mais les bases théoriques le sont aussi, bien évidemment).
-Attention, il est recommandé de connaître un minimum de choses en météorologie pour pouvoir s'attarder sur ce dossier (la structure moyenne d'une dépression, les front...etc).
-Dans ce dossier, on utilisera principalement les champs analysés par le modèle GFS (modèle Américain à maille "moyenne"). Tout simplement car c'est actuellement le modèle qui propose le plus de cartes gratuitement sur le net.
-Voici ci-dessous une liste des cartes que nous allons apprendre à déchiffrer le plus intelligemment possible :
1°)-La pression rapportée "virtuellement" au niveau de la mer
2°)-Le géopotentiel à 500hPa
3°)-L'épaisseur de la couche 1000/500hPa
4°)-La température à 850hPa
5°)-La température potentielle
6°)-L'humidité relative à 700hPa
7°)-La vitesse verticale à 500hPa
8°)-Le vent à 10m du sol
9°)-Le vent à 300hPa, Le jet stream
10°)-La tropopause
11°)-L'advection de Tourbillon Absolu à 300hPa
12°)-La divergence horizontale à 300hPa
13°)-Les indices d'instabilité
14°)-Les précipitations
15°)-Le temps "sensible"
Mais avant d'entamer l'analyse des cartes, il est nécessaire de connaître quelques particularités :
-Vous avez pu remarquer que les paramètres météorologiques sont parfois décrit à un certain "niveau" : typiquement 850, 700, 500 et 300hPa. Il faut savoir que ces niveaux correspondent en fait à des altitudes. En effet, on sait que la pression diminue plus ou moins régulièrement au fur et à mesure que l'on s'élève (environ 1hPa de perdu pour une élévation de 8m). En moyenne, l'altitude d'une surface isobare (par exemple 500hPa) reste constante (on parle d'atmosphère "standard"), on peut donc s'aider au début d'un tableau de correspondance entre pression et altitude :
1013hPa=Niveau de la mer
900hPa=990m
850hPa=1460m
800hPa=1950m
700hPa=3000m
600hPa=4200m
500hPa=5500m
400hPa=7200m
300hPa=9200m
250hPa=10400m (niveau de la tropopause)
200hPa=12000m
Au-delà, on entre dans la stratosphère, et cette couche de l'atmosphère ne nous intéresse pas, car les phénomènes météorologiques se situent entre le sol et la tropopause (~10000/11000m).
1°) La pression ramenée au niveau de la mer (SLP ou encore MSLP).
-Tout d’abord, il faut rappeler que cette valeur de pression a pour but corriger celles des baromètres disposés en altitude (même très légère), afin de déterminer la pression qu’il ferait si le baromètre était au niveau de la mer. Cette correction est indispensable pour faire abstraction du relief en fait.
-Les cartes de pression au niveau de la mer sont indispensables en météorologie. Elles permettent de localiser les zones de basse pression (dépression) et celles de haute pression (Anticyclone). De plus, en appliquant la loi de Buys-Ballot, on peut déterminer avec une assez grande précision la direction du vent en un point : La direction du vent épouse à peu près la forme des lignes d’égale pression (lignes isobares). Pour le sens du vent maintenant, il faut simplement savoir que le vent tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre autour d’une dépression (notées T sur la carte suivante), dans le sens des aiguilles d’une montre autour d’un anticyclone (notés H sur la carte suivante). Attention tout de même, cette règle n’est vraie qui si l’on se situe dans l’hémisphère nord, et est inversée si l’on passe dans l’hémisphère sud. La vitesse du vent quant à elle, est inversement proportionnelle à l’écartement des isobares.
-Un œil exercé pourra immédiatement reconnaître la position des front avec une simple carte de pression, sans même passer par d’autres paramètres, comme la température potentielle à 850hPa ou l’épaisseur.
-Ci-dessus, voici un exemple de carte comportant le paramètre « pression au niveau de la mer ». Les isobares sont représentées par les lignes blanches cotées de 5 en 5hPa. En appliquant la règle de Buys-Ballot, on peut deviner que le vent souffle du sud en Islande (en fait ce n’est pas tout à fait exact, car la force de frottement oblige le vent à « couper » les isobares selon un angle de 20/25° en direction des basses pressions), et aussi qu’il doit souffler très intensément, peut être même en tempête, si on en juge par le très faible écartement des isobares. En France, le temps est beaucoup plus calme, car les isobares sont très espacées entre elles. On appelle ce genre de zone une zone de « marais barométrique ». Le vent y est faible et assez variable en direction.
-La carte de pression au sol est donc un grand classique (peut être même la carte de base) que tout prévisionniste utilise sans aucune modération. C’est une carte très intéressante pour débuter l’étude des modèles numériques.
2°) Le Géopotentiel de la surface 500hPa
-Le géopotentiel : voici un terme typiquement météorologique et assez abstrait. En fait, on pourrait le traduire comme suit : le géopotentiel d’une surface x hPa est l’altitude à laquelle on retrouve cette surface de x hPa. Par exemple, en moyenne, l’altitude de la surface 500hPa est de 5500m. Mais ce n’est qu’une moyenne ! En effet, cette altitude peut varier aussi bien que la pression ramenée au niveau peut varier également.
-D’ailleurs, l’utilisation des cartes de géopotentiel est aussi simple d’utilisation que les cartes de pression au niveau de la mer : les altitudes élevées d’une surface isobare sont comparables aux anticyclones d’une carte de pression au niveau de la mer, alors que les zones d’altitude basse sont comparables aux dépressions d’une carte de pression au sol. De plus, la règle de Buys-Ballot évoquée plus haut s’applique de la même façon.
-Les lignes d’égale altitude s’appellent les isohypses (encore un terme savant), sont cotées en dam, et sont repérables sur la carte ci-dessous (la même que la première) : ce sont les lignes noires. On devine que le vent souffle qui souffle au-dessus de Madrid, n’est pas très fort (isohypses espacées), et vient du sud.
-On va maintenant essayer de se familiariser rapidement aux différentes configurations de base des isohypses, et repérer des termes qui reviennent très souvent en météorologie : les thalwegs et dorsales. Par définition, un thalweg est « l’excroissance d’une zone de bas géopotentiel », c’est à dire un endroit où les bas géopotentiels ont tendance à s’engouffrer vers le sud (lignes rouges). Les thalwegs sont souvent synonymes d’instabilité et de temps perturbé. Il n’est pas rare que ces thalwegs descendent tellement vers le sud qu’ils finissent par s’isoler en goutte froide ; les isohypses forment alors un cercle, et les champs température en altitude indiquent que l’air est plus froid dans la goutte froide qu’aux alentours (d’où son nom) : ce genre d’isolement peut conduire à des orages, car l’air devient instable avec l’arrivée d’air froid en altitude. A contrario, une dorsale est « l’excroissance d’une zone de hauts géopotentiels », donc un endroit où les hauts géopotentiels ont tendance à s’engouffrer vers le nord (lignes bleues). Ces endroits sont plutôt synonymes de beau temps.
3°) Les cartes d’épaisseur
-Nous savons maintenant ce qu’est le géopotentiel… Il convient de connaître une autre notion : l’épaisseur entre 2 surfaces isobares. Sur les 2 cartes précédentes, c’est l’épaisseur entre les surfaces 500 et 1000hPa qui est représentée par les plages colorées, c’est à dire la différence d’altitude entre l’altitude de la surface 500hPa et celle de la surface 1000hPa.
-Or, cette épaisseur est tout simplement reliée à la température par la relation suivante :
Epaisseur = Z500-Z1000 = 67,445*T*log(500/1000).
-> Où T est la température moyenne de la couche 500/1000hPa.
-On en déduit que l’épaisseur d’une couche de l’atmosphère est proportionnelle à la température moyenne de cette couche (si on néglige l’humidité, car ce n’est pas tout à fait la température qui compte, mais la température virtuelle, qui change aussi avec l’humidité). C’est pourquoi les champs d’épaisseur peuvent être interprétés comme des cartes de la température en altitude. Ce paramètre est pratique pour localiser les fronts assez facilement : ils ne sont pas tout à fait là où le gradient d’épaisseur est le plus élevé, mais un petit peu décalés vers les hautes valeurs d’épaisseur (front chaud en rouge, front froid en bleu, front occlus en violet) :
-Les cartes d’épaisseur peuvent aussi s’avérer utiles pour la prévision de la neige. Par exemple, une épaisseur de la couche 1000/850hPa inférieure à 1281m (valeur trouvée par calcul) laisse espérer un bon risque de neige en plaine. Mais ce n’est pas un moyen infaillible, loin de là.
4°) La température à 850hPa.
-Voici un autre paramètre, qui va nous permettre d’estimer grosso modo la température maximale au sol. En effet, une expérience personnelle (et vérifiée par la théorie) montre qu’il est possible d’évaluer la température au sol en fonction de celle à 850hPa (=1500m d’altitude), en rajoutant entre 9 et 13°C généralement :
+9°C pour un ciel entièrement couvert
+11°C pour un ciel « mitigé »
+13°C pour un grand soleil
Nota : On peut aussi s'aider des champs d’humidité en altitude pour déterminer la correction à apporter.
-Cette méthode est probablement très aléatoire selon les régions, mais marche assez bien pour moi (habitant en Bretagne). J’ai souvent eu d’excellents résultats, mais le « feeling » est aussi très important.
-Evidemment, la carte de température à 850hPa peut être utilisée pour d’autres choses : repérer la trace des fronts à cette altitude par exemple.
-Sur cette carte, la température à 850hPa est représentée par les plages colorées.
5°) La température potentielle à 850hPa.
-Pour comprendre la température potentielle, on peut se rappeler de cette expression, que j’ai entendu récemment sur un forum météo, et qui m’a beaucoup plu : « la température potentielle est à la température ce que la pression au niveau de la mer est à la pression au sol ». C’est à dire une valeur virtuelle car non mesurable, mais calculable.
-On sait en effet que la température descend quand on prend de l’altitude… Donc qu’elle monte quand on descend en altitude. Et bien la température d’une particule d’air à 850hPa est la température que prendrait cette particule si on l’obligeait à descendre vers le niveau 1000hPa (sans échanges de chaleur avec son environnement, et à condition que l’air ne soit pas saturé).
-Mais passons maintenant la théorie. Il faut surtout savoir que ce paramètre est utilisé pour tracer les fronts : il sont signalés par les zones où le gradient de température potentielle est très élevé. Vous pouvez comparer cette carte avec celle diffusée au-dessus, où les front ont déjà été tracé.
-Cette valeur est parfois utilisée pour d’autres choses (prévision d’orages). Mais nous ne nous y intéresseront pas dans ce dossier.
6°) L’humidité relative à 700hPa
-Nous ne nous attarderons pas sur ce paramètre, car il est très simple d’interprétation : des valeurs élevées de l’humidité relative en altitude permettent de se donner une idée de la répartition des masses nuageuses. Plus l’humidité est élevé, plus le temps s’annonce nuageux.
7°) La vitesse verticale à 500hPa
-Nous savons tous que le vent se déplace horizontalement (évidemment), mais on a souvent tendance à oublier que le vent se déplace également verticalement.
-L’unité utilisée pour définir la vitesse verticale est exprimée en hPa/heure. Lorsque l’air monte (ascendances), la vitesse verticale est négative ; mais elle est positive lorsque l’air descend (subsidence).
-Malgré que la composante verticale du vent soit très faible par rapport à la composante horizontale du vent (quelques cm/s contre plusieurs m/s), ce serait une grave erreur de négliger ce paramètre. En effet, la vitesse verticale permet par exemple de jauger la santé d’une dépression, l’activité d’un front etc… De plus, associé à l’humidité en altitude, ce paramètre est très intéressant pour se donner une idée des zones pluvieuses (ascendances).
-On remarque que les zones d’ascendances (en rouge) sont associées aux zones très nuageuses et pluvieuses (à cause de la condensation de l’air lorsqu’il monte en altitude), donc les fronts (vous pouvez comparer avec la carte de température potentielle à 850hPa par exemple). Par contre, les zones subsidentes annoncent généralement un temps stable et ensoleillé.
-Lorsque l’air est à la fois ascendant et instable (voir indices d’instabilité), des orages fort et/ou organisés sont à craindre.
SUITE >>>
8°) Le vent à 10m du sol
-Voilà une nouvelle donnée très simple d’utilisation.
-Le seul problème peut être de déterminer la vitesse du vent à partir des symboles. Il faut juste savoir que sur une hampe (très grande barre) :
1 petite barre (petite barbule) vaut 5 nœuds.
1 grande barre (grande barbule) vaut 10 nœuds.
1 triangle vaut 50 nœuds (Il n’y en a pas sur cette carte).
Pour obtenir ensuite le vent en km/h, il suffit de multiplier par 1,852.
-Quelques exemples sont donnés sur une carte :
-Ce genre de carte du vent est également disponible pour différentes altitudes. Et on peut ainsi estimer la vitesse des rafales de vents au sol grâce au vent moyen à 925hPa (700m). Mais le feeling du prévisionniste est également nécessaire.
9°) Le vent à 300hPa
-Un autre niveau est également intéressant à surveiller concernant la vitesse du vent : le niveau 300hPa. En effet, c’est à peu près à cette altitude que l’on retrouve le très célèbre « courant-jet » ou « jet-stream ».
-Un jet comportant des vents atteignant ou dépassant les 200km/h est assez puissant, et peut provoquer la formation éclair de tempêtes parfois violentes si une structure barocline se met en place en-dessous de lui (déphasage entre isothermes et isohypses à 500hPa par exemple).
-Le vent du jet peut atteindre des valeurs phénoménales dans certains cas : par exemple, lors du passage d’une des 2 tempêtes de décembre 1999, un ballon-sonde parti de Brest montra que le vent soufflait à plus de 500km/h à haute altitude !
-Un vent fort à 300hPa peut également aider à la formation de développements orageux intenses.
10°) La tropopause
-On sait que la tropopause marque la zone de transition entre la troposphère et la stratosphère. En général, la tropopause se situe vers 300hPa, et c’est en fait une surface semi-rigide. C’est à dire qu’elle ne peut pas être beaucoup poussée vers haut (à cause de la stabilité verticale à ce niveau, induite par la remontée de la température dans la stratosphère), mais peut sans trop de problèmes être « aspirée » vers le bas (l’air stratosphérique froid et sec fait alors une intrusion dans la troposphère).
-On peut repérer ces aspirations de la tropopause vers le bas grâce à un nouveau paramètre météorologique : le tourbillon potentiel (TP). On ne rentrera pas dans les détails, et on retiendra seulement que c’est un paramètre conservatif sous certaines conditions, et qui permet de faire la distinction entre air stratosphérique et air troposphérique. On exprime le tourbillon potentiel en PVU (Potential Vorticity Unit en Anglais). L’air troposphérique a généralement un TP inférieur à 1,5PVU, alors que l’air stratosphérique a un TP souvent assez largement supérieur à 1,5PVU. On comprend aisément que la tropopause (dite dynamique) a un TP constant de 1,5PVU.
-La carte ci-dessous montre le TP de la surface isentrope 320K. Pour simplifier la compréhension de la carte, on va négliger les variations d’altitude de cette surface isentrope, et supposer que l’altitude, ou plutôt la surface isobare à laquelle on retrouve cette isentrope 320K est constante = 300hPa. Alors, en appliquant ce qui a été dit plus haut, on peut deviner que là ou le TP est supérieur à 1,5PVU, de l’air stratosphérique s’engouffre vers le sol ; que là où le TP est inférieur à 1,5PVU, la tropopause a été très légèrement repoussée vers la stratosphère ; et que là où le TP est égal à 1,5PVU, la tropopause est au niveau 300hPa (niveau normal).
-En fait, ce n’est pas tant les valeurs de TP qui sont importantes, mais surtout les zones où le TP varie assez rapidement et sur de courtes distances. Dans ces zones, on dit qu’il y a « décrochage de la tropopause ». Et justement, un abaissement brutal de la tropopause indique un front d’altitude, qui oblige l’air qu’il y a juste devant lui à monter vers le haut. Cela peut également contribuer à la formation d’orages forts.
11°) L’advection de tourbillon absolu
-Encore une notion complexe ! Mais nous ne rentrerons pas non plus dans les détails ici, et on se contentera de dire que ce paramètre permet de déterminer les variations de rotation d’une particule d’air sur elle-même dans le temps.
-Ce qu’il faut retenir surtout, c’est que les décrochages de la tropopause sont associés à des valeurs positives de l’advection du tourbillon absolu à 300hPa. Ce paramètre est donc très pratique pour localiser les endroits où des orages organisés sont susceptibles d’éclater (lorsque de l’instabilité est présente évidemment).
-Les zones en rouge sont favorables aux ascendances, donc aux orages lorsque l’air est instable (ce qui n’est pas le cas à la date de cette carte).
12°) La divergence horizontale à 300hPa
-Un autre paramètre permet de déterminer le risque d’orages et l’intensité des ascendances : la divergence du vent sous la tropopause. En effet, la tropopause est, on l’a vu, une surface semi-rigide. C’est à dire que si de l’air est projeté vers le haut depuis le sol, il va immanquablement « buter » contre la tropopause, qui va l’empêcher d’aller plus haut, et de passer dans la stratosphère. Il risquerait donc de s’entasser juste au-dessous de la tropopause ? Et non… la loi de conservation de la masse (ou loi de continuité) empêche l’air de s’entasser sous la tropopause : ne pouvant aller ni vers le haut ni vers le bas, il s’étale latéralement le long de la tropopause… Il diverge donc !
-Donc récapitulons, une ascendance forte dans la troposphère s’accompagne d’une divergence du vent sous la tropopause… Et réciproquement, une divergence du vent sous la tropopause favorise des ascendances dans la troposphère.
-On comprend mieux pourquoi de la divergence à 300hPa permet de favoriser la formation de structures orageuses organisées et puissantes.
-Sur cette carte, les zones en orange sont les zones de divergence, en bleu, se sont les zones de convergence qui sont repérables (la convergence empêche la formation d’ascendances).
13°) Les indices d’instabilité
-Voici des paramètres largement utilisés par les prévisionnistes pour prévoir les orages. Les 2 principaux sont le LI et la CAPE (il en existe des dizaines, basés sur des formules compliquées) :
LI=Lifted Index.
CAPE=Convective Avalaible Potential Energy = Energie potentielle convective disponible.
-Un LI positif indique que l’atmosphère est stable.
-Un LI négatif indique que l’atmosphère est instable, et que des orages sont à craindre.
-La CAPE est plutôt utilisée pour déterminer la puissance d’éventuels orages, mais n’indique pas forcément que des orages vont éclater.
-Attention, une prévision d’orages ne peut se baser que sur des indices d’instabilité ! Les paramètres météorologiques cités précédemment sont tout à fait indispensables !
14°) Les précipitations
-Un paramètre très (trop ?) utilisé. Il s’agit en effet d’un paramètre « final », qui dépend de beaucoup d’autres, comme l’humidité en altitude, la vitesse verticale…etc.
-On comprend facilement qu’une mauvaise prévision d’un de ces paramètres peu conduire très vite à une prévision de la pluie erronée ! A prendre avec des pincettes donc, surtout pour des prévisions à échéance supérieure à 3 jours.
15°) Le temps sensible
Une carte amusante, et reservée à ceux qui n'ont pas vraiment le temps de faire une analyse complète. En chaque point de grille du modèle, est représenté un symbole météorologique (cf lexique) permettant définir très rapidement le phénomène attendu en cet endroit (orage, pluie, brume, neige, nuages...etc) !
Légende de cette carte "MODELWETTER" (traduction de l'Allemand):
--->Type de phénomène :
-Regen=Pluie
-Schnee=Neige
-Gefriender Regen=Pluie se congelant (risque de verglas).
-Graupel=Granules de glace /// Grésil
-Regenschauer=Averses de pluie
-Schneeschauer=Averses de neige
-Graupelschauer=Averses de grésil
-Bedenckungsgrad=Couverture nuageuse ( .../8 ) : 0/8=aucun nuage ; 8/8=ciel complétement gris...etc
-Gewitter=Instabilité, risque d'orages
-Dunst=Brume
-Nebel=Brouillard
--->Intensité du phénomène :
-Gering=Très faible (si virgule verte ---> bruine)
-Leicht=Faible
-MaBig=Modéré
-Stark=Fort
-Sehr Stark=Très fort
-----------------------------
CONCLUSION : Pour fournir une prévision réaliste, le prévisionniste (amateur ou professionnel) doit absolument s’armer :
-de nombreux paramètres météorologiques prévus numériquement, qu’il devra comparer, recouper… (tenter de prévoir des orages avec seulement les cartes CAPE & LI et précipitations n'est pas une bonne solution).
-de son expérience, de son feeling, qui lui permettront de prendre une décision clair et précise, de se forger sa propre opinion…etc.
-de plusieurs modèles si possible, surtout si l’échéance est lointaine, ou si la prévision est difficile.
<<FIN>>
Bonnes prévisions !
Arnaud M.
Dossier terminé le 29/08/2005. _________________ -Le dossier concernant l'interprétation des modèles numériques est désormais disponible sur le site meteociel.fr. |
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Cotissois22

Inscrit le: 08 Oct 2004 Messages: 1192 Localisation: Dinan ou Rennes, Haute-Bretagne
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Posté le: Ven Avr 21, 2006 17:23 Sujet du message: |
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Sympa, car j'avais mis le lien sur mon site et j'ai remarqué depuis peu que ton dossier était introuvable... _________________ Simon
Ce mois-ci, une girouette pleine d'originalité ! |
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Charles 94

Inscrit le: 11 Sep 2005 Messages: 857 Localisation: Le Perreux (94)
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Posté le: Ven Avr 21, 2006 18:02 Sujet du message: |
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Merçi bien Naunau! Je vais donc pouvoir finir de lire ce dossier fort intéressant que j'avais déja bien entamé.
Dommage que ce petit site ait disparu. Il était sympathique
A plus _________________ Ici mon blog météo: http://letempsdunephoto.canalblog.com/ |
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pascal
Inscrit le: 18 Mar 2006 Messages: 17 Localisation: Hérault
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Posté le: Sam Avr 22, 2006 18:51 Sujet du message: |
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Gros travail très intéressant et utile à la compréhension non seulement des cartes mais aussi de la météo en général.
Félicitations (au passage, je n’oublie pas JS ) ! |
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Nico
Inscrit le: 17 Nov 2005 Messages: 505 Localisation: Lanildut , tout près de Brest
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Naunau

Inscrit le: 24 Avr 2005 Messages: 863 Localisation: Morlaix (29N)
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Posté le: Mar Avr 25, 2006 20:05 Sujet du message: |
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-Pour un plus grand confort de lecture, je me suis amusé à mettre mon dossier en format .pdf. Dans cette nouvelle version plus pratique, j'ai également rajouté quelques éléments, et soigné un peu la présentation.
-Ainsi, si l'un d'entre vous désir recevoir mon dossier complété et en .pdf, qu'il m'envoie un message sur ma boîte e-mail, et je le lui ferai parvenir dès que j'en aurai le temps par e-mail, en tant que pièce jointe.
Mon adresse : naunau6@wanadoo.fr
A+ _________________ -Le dossier concernant l'interprétation des modèles numériques est désormais disponible sur le site meteociel.fr. |
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Naunau

Inscrit le: 24 Avr 2005 Messages: 863 Localisation: Morlaix (29N)
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Posté le: Mer Avr 26, 2006 11:15 Sujet du message: |
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Ca y est, le dossier a été envoyé à 2 personnes.
Taille du fichier .pdf : 1691ko.
32 pages.
Nombreuses illustrations commentées.
2 sections (dont une inédite) :
-->A-Interprétation des coupes horizontales
-->B-Interprétation des coupes verticales
Petite conclusion.
Liste des livres intéressant.
Liste des sites sympa (tiens, lamétéo.org y est figuré !).
***REPORT DES ERREURS***
Dans la mesure du possible, les erreurs seront corrigées au fur et à mesure qu'elles seront décelées par de nouvelles versions du dossier : que les premiers qui ont reçu le dossier m'excusent, car ce sont eux qui vont trouver le plus d'absurdité...
--->1ere erreur qui vient de me sauter aux yeux : p.27, inversion entre les 2 vignettes à fond bleu traitant des masses nuageuses.
----------------------------------------
Les commentaires ainsi que les erreurs retrouvées dans le texte sont les bienvenus ci-après. _________________ -Le dossier concernant l'interprétation des modèles numériques est désormais disponible sur le site meteociel.fr. |
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cartfield

Inscrit le: 03 Mai 2005 Messages: 304 Localisation: chalon sur saône en Saône et Loire (71)
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Posté le: Sam Avr 29, 2006 23:12 Sujet du message: |
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Je viens de finir de lire ton dossier que tu m'as envoyé.Merci bien.
Le sujet est bien monté, clair et facile à lire ( bien sûr il faut connaitre un minimum avant mais ça tu l'avais annoncé )
Ce qui m'a particulièrement interessée c'est les passages pour la prévisions des orages, domaine particulièrement délicat.
Je connaissais peu les coupes verticales et je vais aprofondir un peu
En tout cas je recommande ce dossier
 _________________
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Babe

Inscrit le: 12 Oct 2005 Messages: 724 Localisation: saint germain en laye ( 78 )
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Posté le: Lun Mai 01, 2006 10:27 Sujet du message: |
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Très bon dossier, bravo Naunau
Pour le compléter encore plus ( malgré qu'il soit déja très complet ) tu pourrais peut-etre parler des RS qui sont aussi très utiles mais assez difficile à analyser .
bye . |
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Charles 94

Inscrit le: 11 Sep 2005 Messages: 857 Localisation: Le Perreux (94)
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Babe

Inscrit le: 12 Oct 2005 Messages: 724 Localisation: saint germain en laye ( 78 )
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Posté le: Mar Mai 02, 2006 21:13 Sujet du message: |
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RS = radio sondage
Un exemple : http://zebulon1er.free.fr/images/radiosondageLFBD.jpg
Il te permet d'analyser les différentes couches de l'atmoshpère .
( par exemple, si une certaine instabilitée était vue par les modèles et que le RS voit l'intrusion d'air plus sec, le risque d'ondée paraitre plus limitée ) .
C'est très utile pour prévoir la neige surtout, par exemple lors de l'épisode du 30 décembre 2005 ou l'on aurait pu remarquer la différence entre les températures pour chaque altitude ( positif en altitude mais restant négative dans les basses couches ) .
Par contre c'est ultra compliqué à analyser  |
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Charles 94

Inscrit le: 11 Sep 2005 Messages: 857 Localisation: Le Perreux (94)
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Posté le: Mer Mai 03, 2006 11:55 Sujet du message: |
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Ok babe En effet ça à l'air bien technique. Y a au moins la lecture du vent et des T°C que j'ai compris (je pense)
Merçi _________________ Ici mon blog météo: http://letempsdunephoto.canalblog.com/ |
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Calva14

Inscrit le: 16 Aoû 2005 Messages: 798 Localisation: Honfleur
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Posté le: Mer Mai 10, 2006 11:57 Sujet du message: |
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Bon j'ai imprimer le dossier, je viens de rentrer de vacs reste plus qu'à le lire...
Au fait je suis allé au Mont Aigoual (entre autre) et suis tombé sur un fabuleux bouquin: Meteorologie Générale ET Maritime... livre excellent mais il faut au moins le niveau Bac S, livre de reference pour les eleves officiers de la marine nationale. Pour ceux qui habitent dans les terres il y a "Meteorologie Generale" tout court.
Dans ce bouquin (maritime) ont trouvent plein de reponses à des choses très interessantes (estimation de la hauteur de la base des nuages pour ne citer que celui-ci, brouillards, vents etc...) _________________ ---------------------
Calva14
Les previsions et alertes sur http://www.meteo-normandie.fr |
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Calva14

Inscrit le: 16 Aoû 2005 Messages: 798 Localisation: Honfleur
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Posté le: Jeu Mai 11, 2006 19:39 Sujet du message: |
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Voila j'ai lu ton dossier Arnaud
En un mot: passionnant, bien realiser, explications claires et une envie de ne pas induire le lecteur en erreur, vraiment bien fait
Mais j'aime pas quand on lit, passionné à fond dedans, et que tu pars dans un truc passionnant et tout d'un coup le drame, tu dis "mais ne nous n'approfondirons pas davantage dans ce dossier"
Il est génial et j'ai hate de lire le n°2
ET ps: je vois qu'on a le meme livre de chevet  _________________ ---------------------
Calva14
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